
Rapport de la Commission de l’Entreprise de Presse et de la Mise à Niveau du Secteur sur les effets de la pandémie de Corona sur la presse et les procédures pour surmonter la crise
Mai/juin 2020
Sommaire
Introduction : la situation internationale de la presse avant et durant la pandémie
1/ Diagnostic de la situation de la presse marocaine avant corona
2/ Diagnostic de la situation durant corona
3/ La situation après le confinement et la pandémie
4/ Les procédures de sortie de la crise
La pandémie du Coronavirus, appelée « Covid-19 », est survenue à une époque où la presse en général, et la traditionnelle en particulier, vivaient dans diverses parties du monde, une crise structurelle multidimensionnelle et multiforme, qui s’est manifestée dans de nombreux pays, à travers la baisse des ventes, la faiblesse de quotas publicitaires et la destruction du système de distribution. En outre, L’épidémie a aggravé les blessures des institutions dont les chiffres ont été inférieurs à zéro, ainsi la majorité sont devenues incapables de payer les salaires de leurs journalistes et de leurs employés et de payer leurs dettes accumulées ces dernières années, pré-pandémique. En effet, elles vivent aujourd’hui un problème existentiel dont leur avenir sera décisif au cours des prochains mois, grâce aux actions prises ou les procédures à entreprendre par les États et les gouvernements qui pourront soit assurer la continuité de leurs fonctions sociétales, ou causer leur disparition, notamment la presse en papier.
Introduction : la situation internationale de la presse avant et durant la pandémie
La situation du secteur médiatique vécue par les entreprises de presse de nombreux pays montre que la crise de la presse n’est pas une crise intérimaire, et que la pandémie du Corona a mis en relief la détresse dont l’inévitable confrontation exige le traitement immédiat sans aucune procrastination. Les données disponibles confirment cette courbe commune malgré les spécificités de la presse de chaque pays.
Ainsi, la presse égyptienne a considéré que l’épidémie du Corona lui a donné le coup de grâce, et qu’elle vivait une mort lente, en raison des régressions connues pendant les dernières années à cause des facteurs économiques, politiques et sociaux. L’épidémie de la Covid-19 a multiplié les problèmes des institutions de presse publiques lourdement endettées, en raison du déclin des publications imprimées, de la réduction du nombre de pages et de la baisse sans précédent des revenus de la publicité dans les journaux ; de sorte qu’ils se sont diminués avec un taux de 75%. Au Liban, le déficit financier des entreprises de presse a précédé la crise du coronavirus, les ventes ayant chuté d’environ 65% et la publicité s’est baissée durant l’épidémie à environ 75%.
Pour de nombreux pays industriels, où les autorités publiques n’ont pas arrêté l’impression et la distribution de leurs journaux, l’activité et la commercialisation de la presse ont été considérablement réduite par les procédures de quarantaine, qui se sont traduites à la suspension des activités de toutes les entreprises économiques et de tous les moyens de transport ; en plus de la fermeture de nombreux points de vente, sachant que cette situation a eu plusieurs répercussions.
En France, la fermeture d’une partie importante des points de vente a entraîné une baisse de 34,7 % des ventes de journaux et de 5% des ventes de magazines et une baisse de 30% des ventes de tous les journaux dans les kiosques à la fin de mois mars. 70 % des marques en France ont réduit ou annulé leurs programmes publicitaires entre le 15 mars et le 15 avril 2020, afin de réduire leurs dépenses à 60% et gelé 60% de leurs investissements.
Les professionnels de la publicité prévoient à une baisse de 10 à 20 % en 2020.
En Grande-Bretagne également, la part des revenus publicitaires est tombée à 50%, soit environ un demi-milliard de livres sterling par an, et à plus de 15% pour les revenus totaux des journaux britanniques. Cette situation a été négativement reflétée dans les plus grands journaux britanniques, le Financial Times, qui a commencé jour après jour à perdre un nombre important de ses lecteurs, qui étaient plus d’un million d’abonnés dans la version papier, et 900000 dans la version électronique. Ce qui a conduit ses responsables à mettre en relief la question de l’avenir du journal face à la crise structurelle qui s’est aggravée avec la pandémie du Coronavirus.
Ces exemples montrent clairement que la crise de la presse en général, et la presse traditionnelle en particulier, est une crise internationale et structurelle dont les plus grands journaux du monde n’ont pas pu affronter, pour diverses raisons. La plupart de ces raisons sont partagées par les différents journaux des quatre coins du monde, alors qu’il y a d’autres raisons particulières qui ont relation avec les facteurs économiques et socioculturelles de chaque pays. La pandémie a joué un rôle alarmant dans l’aggravation de cette crise, ainsi qu’elle a mis en exergue sa gravité et sa profondeur, en appelant à prendre les mesures urgentes pour la sauver, en attente de trouver des nouveaux modèles économiques qui vont garantir sa continuité.
1. Diagnostic de la situation de la presse marocaine avant la Covid-19
Au Maroc, la pandémie du Coronavirus et les mesures prises pour la contenir ont conduit à une crise profonde dans le secteur de la presse en général, et dans la presse papier en particulier. Elles ont également alourdi la crise structurelle dont les répercussions ont affecté depuis plus de trois ans les divers aspects économiques, financiers et logistiques des entreprises de presse.
Depuis lors, les crises dans de nombreuses entreprises de presse se sont poursuites et accélérées au moyen des changements technologiques successifs dans le secteur de l’information et de la communication en général. Cela a provoqué la baisse des ventes, l’inflation de la lecture gratuite, la baisse des investissements publicitaires, alors que le secteur audiovisuel indépendant s’est développé et renforcé sa position dans le paysage médiatique comme un moyen de proximité populaire qui répondent aux besoins d’une grande partie des auditeurs illettrés. Par conséquent, les journaux numériques se sont multipliés avec des contenus diversifiés à la portée d’une grande partie des marocains à travers les réseaux sociaux étant un nouvel espace public de l’information, l’échange des nouvelles et des données hors des contextes institutionnels bien structurés.
Méthodologie de préparation du rapport
Afin de suivre les effets de la pandémie et de la quarantaine sur la réalité des entreprises de presse, le Conseil National de la Presse a réalisé un rapport dans la période du 25 mai au 4 juin, à travers un échantillon aléatoire de 30 titres représentant la presse papier et électronique, à la fois national et régional. Le Conseil a également accueilli tous les acteurs du secteur de l’édition, de l’impression et de la distribution, y compris la Fédération Marocaine des éditeurs de journaux, l’Union des Annonceurs Marocains, l’Union des Agences de Conseil en Communication, la Société de Distribution de Sapress et les deux grandes imprimeries des journaux au Maroc, ainsi qu’une autre extrapolation des dernières études sur la lecture, la situation économique des entreprises de presse et le marché de la publicité.
1.1 Réseau étroit et coûts de distribution élevés
La distribution est l’un des problèmes les plus importants dont elle souffre la presse papier marocaine ainsi qu’elle représente l’un des facteurs qui la rend coûteuse et contribue à ses déséquilibres. La vente par numéro constitue l’élément principal des ventes et elle s’effectue à travers une série des envois qui assurent la fourniture des points de vente dans les diverses régions du Maroc. En raison du marché marocain limité, qui se traduit par le faible retrait des publications marocaines comme le montre le tableau ci-dessous, le volume de distribution garanti par chaque envoi coute de plus en plus cher et reste inférieur au niveau requis pour atteindre l’équilibre financier des distributeurs. Le volume distribué, en effet, ne représente pas le minimum nécessaire pour couvrir les coûts des sociétés de distribution qui vivent une crise très grave qui les mettent au bord de la faillite.
Graphique N° 1 Les formes de distribution au Maroc

Source: OJD, observatoire de la presse au Maroc, décembre 2017
Quant au réseau de distribution au Maroc, il n’est pas suffisamment développé ni intense. Outre le manque de couverture dans des nombreuses régions éloignées, le nombre de kiosques est très limité et diminue constamment (-30 %), et la plupart d’entre eux sont caractérisés par l’accumulation des titres peu répandus sur des étagères des kiosques ; ce qui limite la compétitivité sur la qualité. Les kiosques spécialisés dans la vente des journaux sont presque en voie de disparition, et les points de vente dans de nombreuses régions marocaines restent mixtes, y compris, en outre, les magasins, les bureaux de tabac et les librairies.
Au Maroc, la vente au numéro a un coût très élevé, non seulement compte tenu du coût d’envoi, de transport et de commission, mais aussi en raison des retours, qui sont en fait un phénomène naturel de la méthode de vente au numéro. Il est bien connu que, pour vendre un exemplaire, deux exemplaires doivent être distribués, mais cette règle n’est pas respectée par de nombreux journaux marocains, ce qui augmente le coût de distribution.
Tout le monde sait que ceux qui assument tous les risques de la gestion des retours au Maroc sont principalement les éditeurs des journaux et les distributeurs partiels. Cependant, les vendeurs de journaux font également face à des risques financiers malgré la règle de « vente ou le retour » en vertu de laquelle le vendeur est considéré comme un simple intermédiaire auprès qui, se déposent les journaux et dont la rémunération est déterminée en déduisant une commission du prix de vente.
1-2 Baisse inquiétante des ventes et des retours de vente
Les retours des ventes ont connu dernièrement une diminution, en raison de la baisse continue des ventes de journaux marocains. Les données d’une étude réalisée par la Fédération Marocaine des éditeurs de journaux, en partenariat avec le Ministère de la Culture et de la Communication, montrent que les journaux marocains vendent un total d’environ 200,000 exemplaires par jour, étant chiffre très bas par rapport à la population marocaine de 35 millions d’habitants et à la proportion d’apprenants capables de lire. Ce chiffre ne reflète pas le nombre réel des lecteurs, qui dépasse le nombre d’exemplaires vendus, en raison du phénomène de la location des journaux dans les espaces publics et de la lecture libre dans les cafés où un exemplaire circule parmi un grand nombre de lecteurs.
Selon les données du Bureau de vérification d’édition, cette baisse est confirmée par le fait qu’entre 2012 et 2016, toutes les formes de journaux ont connu une baisse des ventes allant jusqu’à 33 % pour les journaux quotidiens, 65 % pour les journaux hebdomadaires et 58 % pour les magazines. Les graphiques suivants montrent cette baisse :
Graphique N°2 : Volume des ventes journalières de journaux quotidiens

Graphique N°3 : Volume annuel des ventes des magazines

Graphique N°4 : Volume annuel des ventes de revues

Source : OJD- 11e Observatoire de la Presse Marocain 2017
Selon de nombreuses études, la baisse des ventes de journaux marocains s’explique par le faible taux de lecture au Maroc résultant d’un environnement socio-économique qui n’encourage pas la lecture, en plus d’autres facteurs comme le haut indice d’analphabétisme, le niveau bas de l’enseignement et de l’urbanisation …etc.
D’après la Fédération Marocaine des éditeurs de journaux, les résultats des recherches menées par le bureau d’études LMS-CSA ont montré que 49% des 2098interrogés ne lisent pas les journaux, contre 18% qui les lisent quotidiennement, 14% les lisent 3 à 4 fois par semaine, tandis que 12 % les lisent deux fois par semaine.
Graphique N°5 : Fréquence de lecture des journaux pour la catégorie d’âge de 15 ans et plus

Source : FMEJ-LMS/CSA, Étude sur les audiences et le profil des lecteurs, 2016
Compte tenu du volume élevé de lecture gratuite, ces données demeurent relatives et ne reflètent pas la quantité réelle des lecteurs, car la même étude montre que 70 % des interrogés partagent le même journal avec au moins une autre personne et 45 % avec au moins deux personnes. Puisque les cafés au Maroc sont des espaces qui attirent les clients à lire les journaux et partager des titres, le taux de la circulation des journaux quotidiens est élevé ; Il atteint une moyenne de plus de 3 lecteurs par titre.
Ainsi, les ventes déclarées en 2019 par les deux sociétés de distribution s’élevant à 35 millions et 600 mil par an (Sapress-Sochepress: 26 millions et 600 milles exemplaires, et Alwasit Press avec environ 9 millions d’exemplaires), ne reflètent pas le taux réel des lecteurs, qui est en effet le nombre déclaré multiplié par 3. Cela nous amène à environ 107 millions d’exemplaires lus en 2019, soit 535 millions de dirhams sur la base d’un prix moyen de 5 dirhams pour l’exemplaire. Vu ces données, on déduit que le secteur subit des pertes annuelles d’environ 356 millions de dirhams en raison de l’inflation de la lecture gratuite,
Sur la base de ces données, il est clair que le soutien public de la presse marocaine, qui arrive chaque année à peine à 60 millions de dirhams, ne couvre qu’une fraction des pertes de seulement 16%. Quant aux retours, malgré l’augmentation du prix de vente des journaux, ne couvre qu’une fraction des charges des entreprises de presse où la publicité commerciale, administrative et judiciaire est devenue la principale source de financement.
1.3 Baisse continue des revenus publicitaires
Les investissements publicitaires se caractérisent par une répartition inégale entre les médias et au sein de chaque intermédiaire en raison des critères adoptés par chaque annonceur. La situation du Maroc dans ce domaine en est un exemple. Malgré l’évolution des revenus publicitaires en valeur absolue, qui sont passées de 40 millions de dirhams en 1976 à environ 2 milliards et 800 millions de dirhams en 2005 et environ 6 milliards ces dernières années, elles restent inférieures au niveau requis et insuffisantes pour financer les différents médias. Les changements économiques et la succession des crises économiques et financières ainsi que la stagnation des secteurs productifs sont également des facteurs du manque de développement, de régularité et d’homogénéité des investissements publicitaires dans les médias.
Graphique N° 6 : L’évolution des investissements publicitaires nets du Maroc avec des milliards de dirhams

Graphique N° 7 : Évolution des investissements publicitaires bruts du Maroc en valeurs relative
Il est important de noter un grand paradoxe, car il faut souligner que ces données fournies par l’Association des Annonceurs Marocains sur les investissements publicitaires se basent sur une déclaration directe qui calcule le tarif de publicité déclaré par les sociétés et ne prend pas en considération les réductions significatives accordées par eux, qui, dans certains cas, représentent entre 40 et 50%, sans oublier souvent les espaces fournis gratuitement. Souvent, il faut les revoir et les réduire d’au moins 50 % pour obtenir des chiffres nets proches à la réalité. Ainsi, les revenus nets de la publicité enregistrés par la presse sont estimés à 300 millions de DH jusqu’à la fin de l’année 2018. Voici l’évolution des revenus publicitaires pour la presse au cours des 10 dernières années.
Graphique N°8 : Évolution des revenus publicitaires nets de la presse en millions de dirhams

A travers ce graphique, on remarque que la part de la presse dans la publicité a diminué de 55 % entre 2010 et 2018, passant de 645 à 290 millions de dirhams. Des données récentes sur les cinq premiers mois des trois dernières années confirment que la baisse de la part de la presse, qui s’est effondrée de 72,4% au cours de cette période, a augmenté, comme en témoigne le graphique suivant :
Graphique N°9 : Évolution des investissements publicitaires bruts de janvier à mai 2018-2020

Source : UACC, Situation & relance du secteur – Covid-19, document pour le Conseil National de la Presse, mardi 2 juin 2020
Ces données nécessitent les observations suivantes :
La structure du marché publicitaire marocain est caractérisée par une disparité entre les médias et au sein de chaque média. En tête de la liste des bénéficiaires se trouve la télévision, qui représente la proportion la plus élevée estimée (35 %), malgré une baisse de ses parts en 2019.
La part de la presse écrite dans le total des investissements publicitaires bruts a diminué de 50 % entre 2013 et 2019 et est passée de 22 % en 2006 à moins de 10 % pour les radios, particulièrement en faveur de l’espace numérique, qui commence à avoir une part relativement importante (11 %).
La part de la presse se caractérise par des différences significatives dans le taux des investissements alloués par les annonceurs à différents types de titres. Jusqu’à tout récemment, les publications en français attiraient plus de revenus publicitaires que les autres. Cependant, au milieu de la transformation du secteur avec l’émergence du journalisme privé, certains journaux de langue arabe ont amélioré leurs chiffres de publicité par rapport aux années précédentes.
La part du domaine numérique ne reflète pas son taux réel; d’une part, une grande partie de l’investissement dans le numérique est difficile à évaluer, et elle est monopolisé par les géants du web (GAFAM : Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), qui – grâce à leur contrôle des données et à leur disponibilité sur des plateformes faciles d’accès – détiennent plus de 80% de leurs budgets, alors que les sites d’information reçoivent à peine moins de 20% des investissements publicitaires pour le numérique. Par exemple, sur l’investissement brut total pour le journalisme numérique en 2018, 600 millions de dirhams, moins de 120 millions de dirhams sont retournés au journalisme numérique marocain. D’autre part, cette zone est caractérisée par une concurrence intense et un tarif de commercialisation très faible. La publicité offerte par les géants du web, avec les mêmes objectifs que les annonceurs, est beaucoup moins chère pour eux.
Parmi les formes de publicité qui sont également utilisées par la presse écrite, les micro publicités, les petites annonces et la publicité administrative ont une place particulière dans la presse marocaine et, pour certains titres, constituent la source de revenus la plus importante. Elles concernent, d’une part, le marché du travail, qui est l’un des types communs d’emploi, ainsi que le marché immobilier et le marché des outils et des biens mobiliers usagés, et, d’autre part, les déclarations juridiques, législatives et administratives qui sont réglementées en termes de conditions d’utilisation et de prix (15).
1.4 Situation financière précaire
Outre les problèmes de coûts de production et de distribution élevés, de baisse des ventes et des revenus publicitaires, il y a une autre contrainte structurelle pour les journaux marocains, en particulier les quotidiens, est le manque du capital et la faible capacité financière de l’entreprise de presse pour faire face aux situations difficiles et à interagir en cas de nécessité, comme le montrent les données suivantes(16) :
Le nombre modeste de transactions connait une baisse continue, estimée de 574 millions de dirhams dans le secteur de la presse organisée en 2017, principalement réalisé par les journaux nationaux, (99,7%), dont le 85% est dû aux journaux papier, tandis que huit entreprises d’édition de 58 s’approprient de 70% du total. Cependant ce chiffre est en baisse continue, diminuant de 35 % entre 2012 et 2017, comme le montre le graphique suivant.
Graphique N°10 : Evolution du numéro de transaction dans le secteur de la presse organisée

Source : FMEJ/PASS, monographie sectorielle, rapport final, avril 2019, p.24
Le numéro de transaction du secteur de la presse structurée est basé sur des données comptables partielles, qui ne reflètent pas la réalité, car il ne tient pas compte des lecteurs réels. Ainsi, on peut ajouter à cette donnée le nombre de transactions qui peuvent être réalisées en cas d’acheter le journal par tous les lecteurs, estimé à environ 883 millions de dirhams, dont 535 millions de dirhams sont des retours de vente, ainsi que 290 millions de dirhams pour les revenus nets des annonces (publicité) et 58 millions de dirhams en termes du soutien public.
Le résultat net instable et le déficit sont deux facteurs qui affectent un ensemble des entreprises de presse dont le nombre a atteint, en 2017, 29 sur les 61 plus importants opérant dans le domaine numérique (21).
Graphique : Évolution du résultat net des éditeurs de journaux

Source : FMEJ/PASS, monographie sectorielle, rapport final, avril 2019, p.25
Une baisse significative de 73 % de L’excédent brut d’exploitation entre 2012 et 2017, représente un indicateur important de la capacité de l’entreprise à créer des ressources financières par l’exploitation.
Graphique N° 12 : Évolution de L’excédent d’exploitation pour les éditeurs

Source : FMEJ/PASS, monographie sectorielle, rapport final, avril 2019, p. 24
Autofinancement limité des entreprises de presse et taux de rentabilité annuel oscillant entre 1% et 7 %.
Donnée n° 13 : Évolution de l’autofinancement et du taux de bénéfices des éditeurs

Source : FMEJ/PASS, monographie sectorielle, rapport final, avril 2019, p.36
Le soutien public est limité, dont seulement les journaux ayant un numéro de la commission paritaire sont les bénéficiaires. Il a atteint 58,16 millions de DH en 2019 et a bénéficié à 88 journaux, dont 19 quotidiens, 14 hebdomadaires, 4 mensuels, 20 régionaux, 27 numériques et 4 journaux partisanes dans le cadre du pluralisme politique (17).
Graphique N° 14 : Evolution du soutien apporte à la presse

De ce qui précède, nous pouvons voir que la crise dans le secteur de la presse se voit dans les coûts élevés de production et de distribution, la baisse persistante des ventes, l’inflation des lectures gratuites et non reconnues, la baisse des revenus publicitaires inégalement distribués, les sociétés de distribution et les journaux au bord de la faillite, et le soutien limité de l’État, qui n’a pas changé, malgré l’augmentation des entreprises de presse et des journaux, en particulier la presse électronique, qui bénéficie à son tour du soutien public.
2. Diagnostic de la situation durant la pandémie
La pandémie du Coronavirus a aggravé la crise du secteur de la presse au niveau international et national. Ce qui a empiré les problèmes des entreprises de presse, après avoir perdu une part importante de leurs revenus financiers, de sorte que certaines n’ont pas pu payer leurs employés (18), et ont été obligés de s’adapter à la nouvelle situation d’organisation et de contenu.
Dans le cadre des mesures visant à remédier la situation épidémiologique, le gouvernement marocain a décidé, le 22 mars, de suspendre la production et la publication de journaux papier, ce qui fait que la plupart des titres ont été convertis en version numérique gratuite sur leurs sites web et à travers plusieurs plateformes ou par la version PDF. Cette décision a eu des répercussions négatives sur le secteur de la presse, de manière qu’elle a empiré les problèmes de nombreux journaux marocains ; car du jour au lendemain, les revenus financiers de la plupart des entreprises se sont effondrés et la faillite est devenue une menace réelle pour un grand nombre d’entre elles.
Le suivi de la crise de la presse marocaine sous la pandémie est difficile car les pertes causées par cette situation ne peuvent être comptabilisées qu’après sa fin. Pour cette raison, le Conseil National de la Presse a choisi le format du rapport systématiquement basé sur diverses données, et une étude de terrain impliquant un échantillon d’acteurs du secteur du journalisme papier et numérique, afin de souligner les conséquences initiales de l’épidémie sur le système de la presse et la manière dont elle a été gérée pour les freiner et les surmonter.
2-1 Mesures prises par les entreprises de presse
De nombreuses entreprises ont pris des mesures pour faire face à la crise et atténuer les dépenses, dont l’importance varie d’une entreprise à l’autre, comme suit :
Le maintien en poste de la plupart des membres de la rédaction pour les journaux nationaux, à l’exception de certains techniciens sortis en congé ou en chômage technique et des employés temporaires. Alors que la majorité des journaux régionaux ont licencié entre 60% et 80% de leurs employés soit de façon temporaire ou définitive ; ainsi que la plupart des collaborateurs et certains techniciens ont été abandonnés.
Encourager les employés à demander leurs congés annuels à l’avance.
Le report des cotisations sociales au Fonds national de sécurité sociale.
Le recours aux indemnisations de la caisse nationale de sécurité sociale proposées par l’Etat au profit des entreprises affectées par la cessation partielle ou totale de leur activité.
Le report du paiement des intérêts des crédits à moyen terme.
La réduction des salaires, de manière que la plupart des journaux a baissé les salaires des journalistes et de leurs employés de 20 à 50%. Parfois, cette réduction a été effectuée en accord avec les employés et en tenant compte du niveau des mensualités (18).
2-2 Aggravation de la situation des entreprises de la presse
La plupart des entreprises de presse ont enregistré une baisse significative de leurs revenus financiers en raison de la suspension des ventes et de l’introduction de la gratuité. Cela s’est accompagné d’une baisse notable des investissements publicitaires pour les annonceurs de -110% entre le 18 mars et le 18 mai de l’année 2020 par rapport à la même période en 2019, bien que cette période a coïncidé avec le ramadan connu normalement par l’intensité publicitaire.
Graphique N° 15 : Évolution des investissements publicitaires du 18 mars au 18 mai 2020

Source : UACC, Situation & relance du secteur – Covid-19, document pour le Conseil
National de la Presse, mardi 2 juin 2020
Selon l’étude menée par Imperium Media, pour la période du 16 mars au 20 avril, la part de la presse a diminué de 58%.
Graphique N° 16 : Les investissements publicitaires bruts ont été évolués de janvier à avril 2020

Source : Imperium, Évolution des dépenses PUB : avril 2020 et 10 premiers jours de ramadan
1441 (2020)
Ces résultats ont été confirmés par les recherches menées par le Conseil National de la Presse au moyen des questionnaires ou d’interrogatoires à distance. La plupart des interrogés ont confirmé une forte baisse des quotas de publicité de 79% comme moyenne pour les journaux nationaux et de 100% pour les journaux régionaux papier. Quant à la presse numérique, la baisse est relativement faible, avec une moyenne de 57,5 % pour les journaux numériques nationaux et de 85 % pour les journaux numériques régionaux.
Les dites données montrent que la perte résultant de la baisse de la publicité en avril est estimée à plus de 17,5 millions de dirhams en valeur brute et à environ 9 millions de dirhams en valeur nette. Si nous généralisons aux mois restants de la pandémie, la perte totale jusqu’au dernier mois de mai est d’environ 53 millions de dirhams en brut et 27 millions en termes nets.
Cette baisse est principalement due à l’annulation des opérations de communication de la plupart des annonceurs, l’annulation ou le gel de contrats avec des entreprises de presse pour des raisons de précaution ou d’austérité liées à la suspension de la production de matériaux et de services et l’absence d’une vision claire de la reprise de leurs travaux. À cet égard, nous nous référons à une étude récente de l’Association marocaine des annonceurs, qui a été réalisée en collaboration avec Opinion Way qui a montré que 75% des annonceurs ont gelé leurs campagnes publicitaires, dont 8% ont déclaré l’annulation définitive de ces campagnes.
Les raisons de cette situation sont dues à remplacer ces campagnes par des initiatives relatives à la pandémie (56 %) à ne plus être valides (47 %), à geler le budget (34 %), à l’impossibilité de réaliser les opérations (22 %) ou au manque d’accomplissement des campagnes à temps (8 %). A l’exception des annonces relatives à la communication financière, qui sont exigées par la loi, desquels se bénéficient principalement certains journaux économiques, la baisse a affecté presque tous les secteurs : Communications – 18%, nutrition – 44%, banques et assurances – 50%. (21)
En plus de cela la difficulté d’obtenir des dettes pour les entreprises, dont la période de récupération moyenne au Maroc est de 180 jours, et la suspension des activités des imprimeries, qui génèrent des revenus significatifs pour certains groupes de presse, par l’impression d’autres titres et de diverses œuvres imprimées empire de plus en plus la situation. Dans ces circonstances et vu le manque des revenus disponibles pour couvrir les dépenses totales, la majorité des entrepreneurs actifs ont donc déclaré avoir un déficit financier.
Il est important de rappeler que cette baisse des revenus se produit à un moment où il y a un taux de participation important pour diverses plateformes médiatiques, où les titres nationaux ont doublé le nombre de ses lecteurs. La presse numérique structuré a multiplié le nombre de ses navigateurs (plus de 225 millions par mois).
Il ressort de ces indicateurs que la perte résultant de l’interruption des ventes et de l’impression et de la baisse de la publicité est estimée à plus de 81 millions de dirhams par mois. Ce montant constitue une perte de vente de plus de 44 millions de dirhams plus une baisse de la publicité, estimée à 37 millions de dirhams.
2-3 Évaluation des mesures prises par le gouvernement
Les responsables de la presse papier et les participants dans l’échantillon étudié considèrent que la suspension de l’impression et de la distribution des journaux, bien que préventive, a été imprévu et les acteurs concernés n’ont pas été consultés, ce qui a causé de graves conséquences sur le secteur. (24)
Quant aux mesures prises par l’État ou la Commission de vigilance économique, en faveur des entreprises, elles ont été relativement bien accueillies par certains interrogés, alors que la majorité les considère insuffisantes et liées essentiellement aux entreprises industrielles et commerciales, ainsi qu’elles n’adéquatent avec les effets de l’épidémie et de la quarantaine sur le secteur de la presse. C’est pour cette raison ils proposent des mesures alternatives ou complémentaires, que nous présentons à la fin de ce rapport.
Toutefois, les mesures pratiques annoncées par le gouvernement présenté par le ministre de la Culture, de la Jeunesse et Sports afin de sauver le secteur de la presse, ont été considérées comme un pas positif, vu que le secteur de la presse était presque le seul qui avait bénéficié du soutien public de l’état, étant presque distingué dans l’espace africain et arabe.
Cette « action d’urgence » a été traduite par l’octroi de 205 millions de dirhams au secteur de la presse, dont 75 millions de dirhams seront alloués, pour débloquer les salaires de trois mois pour ces entreprises de presse (juillet, aout et septembre), 75 millions de dirhams pour les coûts des fournisseurs des entreprises de presse écrite, et le soutien des imprimeries qui impriment plus de 500 000 exemplaires avec 15 millions de dirhams. Le Groupe Sapress d’impression et distribution et les radios privées recevront directement 15 millions de dirhams.
Il convient toutefois de noter que cette initiative n’a pas encore été précisée, notamment, ses mécanismes, les détails de ses critères, et s’elle inclura les petites entreprises de presse dont la majorité se trouvent au bord de la faillite. C’est également le cas des vendeurs de journaux, considérés comme un élément clé dans la chaîne de commercialisation des produits et qui ont été affectés à leur tour par les effets de la pandémie. On remarque aussi une confusion dans les consultations, qui n’ont pas eu lieu avec tous les acteurs du secteur de la presse.
3. La situation après le confinement et la post-Covid 19
Des recherches menées sur le terrain par le Conseil National de la Presse ont révélé que la plupart des acteurs du système économique de la presse (papier, numérique, national et régional) se sont mis d’accord que la vision n’est pas claire et que l’avenir professionnel n’est pas contrôlé, en raison de plusieurs facteurs, notamment :
3-1 Le taux de lecture et de suivi
Les responsables de la presse papier pensent qu’un retour à la situation pré – Covid-19 sera difficile après une pause de plus de trois mois car le pouvoir d’achat des citoyens a été endommagé, les habitudes de lecture ont été changés, et les rumeurs de transmission du virus à travers le papier se sont répandus. Malgré l’ouverture partielle des cafés, qui représentent 20 % des ventes, il en résultera une réduction de la circulation des journaux, étant une zone de lecture gratuite pour les journaux avec un taux de diffusion de 4 à 10 lecteurs par ville et par emplacement. 80% des propriétaires de journaux électroniques croient que l’audience serait réduite de 20 à 15% après le retour des journaux papier et la suspension de la quarantaine qui avait contribué à l’augmentation du nombre des visiteurs.
3-2 La situation financière de l’entrepris de la presse
Les journaux nationaux prévoient la baisse continue de leur part de publicité en raison du ralentissement économique causé par la pandémie. Cependant, l’étude réalisée par l’Association marocaine des annonceurs insiste sur l’existence de l’espoir à moyen terme, étant donné puisque le 89% des annonceurs qui ont gelé leurs investissements publicitaires ont l’intention de les réactiver en 2020 et 50% le feront dans les 30 ou 60 jours suivant la levée de confinement, mais il n’y a aucune indication d’investissement soit dans la presse papier ou électronique.
En ce qui concerne le revenu de la vente, même si le secteur de la communication ait annoncé, de manière imprévue, la possibilité de reprendre l’impression et la distribution des journaux à partir du 26 mai, la plupart des journaux et des sociétés de distribution ont estimé qu’il était difficile de l’appliquer, vues les conditions de la quarantaine, ainsi que l’arrêt de la circulation entre les villes, la fermeture de kiosques et d’autres points de vente, les installations publiques nécessaires, et les cafés qui constituent un client stable de vente. Ce qui demande un délai nécessaire pour préparer les imprimeries, le transport et le réseau de distribution. Au cours de la dernière semaine de juin, la distribution de certains journaux a été progressivement reprise avec une régression alarmante. A cet égard, les acteurs du secteur prédisent au mieux que la situation ne s’améliorera que pendant quelques mois.
3-3 Les mesures relatives aux ressources humaines
Tandis que les entreprises de presse ayant une dimension nationale déclarent qu’elles se concentreront sur l’amélioration de leur production médiatique et leur contenu et sur de la rationalisation de la gestion, la plupart des journaux régionaux croient qu’ils devront abandonner leurs plateformes papier et en transférer certains vers des versions numériques PDF. Plus d’un tiers des journaux régionaux prévoient une réduction du nombre de journalistes et de certains employés, ce qui avertit que certains peuvent déroger aux exigences nécessaires pour obtenir le numéro de la commission paritaire afin d’obtenir le soutien public si les conditions restent les mêmes et si le mécanisme d’octroi de l’appui reste « administratif/professionnel. »
3-4 Le temps nécessaire pour le retour à la situation pré-Covid-19
Quant au temps nécessaire pour revenir à des situations pré-pandémiques, les entreprises médiatiques se divisent en deux catégories : l’une est optimiste à 40 % (six mois sont considérés comme suffisants) et l’autre est pessimiste à 60 % (estiment qu’il faut attendre au moins d’un an et demi à deux ans pour revenir à ce que l’on peut appeler plutôt une situation naturelle de crise qu’une situation de surmonter la crise.
4. Les mesures pour sortir de la crise
Comme le montrent les différents indicateurs de ce rapport, la presse marocaine a été affectée par la pandémie du Corona, comme tous les secteurs, mais sa crise est de nature structurelle avec des dimensions interdépendantes et compliquées. Alors, toute action visant à résoudre la situation doit faire la distinction entre la crise temporaire liée à l’épidémie de Covid-19 et la quarantaine et leur impact économique sur les entreprises de presse auxquelles le Gouvernement a alloué un soutien exceptionnel et sans précédent de 205 millions de dirhams, et les effets structurels qui se sont manifestés depuis au moins cinq ans.
Cette situation ne fait pas exception pour la presse marocaine. C’est une situation générale qui a affecté les pays industriels et développés, comme d’autres pays en voie de développement. Certains pays ont pris des mesures qui ont varié en valeur et en efficacité et se sont traduits en soutien financier direct aux acteurs du processus d’édition, d’impression et de distribution, en réduction des impôts et des réformes dans les domaines des annonces commerciales.
A travers ce rapport, le Conseil National de la Presse présente une série d’actions inspirées de diverses expériences internationales, en les enrichissant avec des propositions des acteurs marocains du secteur de la presse, ainsi que des mesures efficaces pour sauver la presse nationale de la faillite, étant un espace pour la diversité politique, un outil pour les expressions culturelles et artistiques, un mécanisme pour suivre et surveiller le respect de la liberté d’expression et des droits de l’homme, et un service vital pour la construction démocratique.
4-1 Soutien de la lecture des journaux nationaux
Soutenir le Plan national pour la lecture lancé par le Conseil National de la Presse à travers le développement de l’éducation médiatique et à la lecture des journaux dans les écoles, visant à développer la conscience médiatique des apprenants afin de leur permettre d’acquérir des connaissances et des clés qui vont leur aider à comprendre, analyser et critiquer ce qu’ils lisent, écoutent ou voient dans les médias professionnels et non professionnels.
La mise en œuvre du projet de la caisse nationale pour le développement de la lecture des journaux a été effectuée en partenariat avec divers acteurs publics, particuliers et institutions élues, ainsi qu’avec la participation des organisations spécialisées ou intéressées en échange de la distribution d’une partie des journaux aux associations de la société civile intéressés répartis dans tout le pays, ainsi qu’aux institutions publiques culturelles, éducatives et qualifiantes.
4-2 Réglementation du marché de la publicité
• Promouvoir et assurer la transparence dans le marché de la publicité par la création d’un organisme national interprofessionnel indépendant, qui est principalement chargé d’assurer l’impartialité du secteur de la publicité vis-à-vis des différents acteurs, promouvoir l’autorégulation de la profession, rédiger une charte éthique, établir de nouvelles règles contractuelles pour la relation entre l’annonceur, l’éditeur et l’agence de médiation publicitaire, et encourager les investissements afin d’établir une industrie de la publicité forte capable de suivre le rythme du développement des médias au Maroc.
• Création d’un bureau marocain chargé de vérifier la visibilité et la publicité dans la presse papier et électronique, qui vise aussi à contrôler la transparence des chiffres par la distribution, les ventes et la lecture, en appliquant les règles et les contenus relatives à surveiller les pratiques publicitaires dans la presse.
• Prendre des mesures fermes de la part du gouvernement pour limiter le recours des institutions publiques nationales à transférer leurs publicités aux géants du web du GAFAM.
• Trouver des moyens de réduire la domination du géant de l’Internet sur l’économie des e-entreprises au Maroc en créant des partenariats de coopération gagnant-gagnant dans les domaines de l’édition et de la moralisation.
• Exhorter les ministères et les institutions publiques à mener des campagnes nationales de conscientisation et de sensibilisation sur les questions communautaires actuelles, et leurs budgets de communication et de publicité chez la presse papier et électronique nationale et régionale.
• Proposer un plafond pour les annonces commerciales, sur les chaînes de la Société nationale marocaine de radio et télévision, vu qu’elles ne présentent qu’un faible pourcentage de son nombre de transactions et que son budget dépend principalement du soutien public. Cette décision peut transformer une partie des quotas des annonceurs vers d’autres médias, y compris la presse. La France a déjà pris des mesures pour empêcher les chaînes publiques de diffuser des messages publicitaires seulement la nuit et après l’heure de pointe.
• Accélérer le lancement d’un communiqué du ministre de la Justice pour permettre aux journaux électroniques de publier des annonces administratives et judiciaires.
4-3 Soutien public à la hauteur des défis :
• Le relèvement du plafond du soutien public, étant le même depuis 12 ans, malgré l’augmentation du nombre de journaux, notamment les électroniques.
• Réviser le système de soutien public des journaux papier et électroniques pour le développer, suivre le rythme de la transformation numérique et encourager les investissements dans le secteur de la presse.
• Trouver un système efficace et rapide pour permettre aux journaux payer de payer leurs dettes auprès des annonceurs dans les meilleurs délais, notamment les publicités dites administratives et classifiées.
• Soutenir les journaux papier et électroniques avec la publicité institutionnelle nationale et régionale pour le reste de l’année en cours.
• L’intégration de la presse régionale dans le système de la régionalisation avancée, vu son rôle vital.
4-4 Incitations à créer une industrie des médias compétitive
• Soutenir la création de kiosques numériques ou de plateformes participatives où une sélection de journaux est offerte en échange d’un abonnement, ce qui peut se réaliser au moyen d’une plateforme participative interprofessionnelle ou par la vente de ce service aux fournisseurs des services de communication.
• Stimuler la création des mécanismes pour encourager les entrepreneurs médiatiques à institutionnaliser l’accès à des entreprises doubles (bimédia) ou à des plateformes multimédias (Global Media).
• Créer des mécanismes pour encourager les microentreprises à se regrouper sous forme des entreprises structurés avec des activités multimédias afin de les tenir à l’écart de la vulnérabilité.
• Trouver des mécanismes pour assurer une répartition équitable et rationnelle de la presse nationale avec la participation de divers partenaires et les différentes régions
• Encourager l’intégration des journaux papier et électroniques régionaux dans les entreprises existantes ou la création des nouvelles entreprises afin de construire des entités participatives fortes capables d’attirer les lecteurs et les annonceurs.
• Inciter les investisseurs à accéder à l’industrie des médias au niveau régional, y compris les imprimeries, les entreprises de distribution, les entreprises de transport et autres, afin de briser le monopole.
4-5 Indemnisation pour l’exploitation du contenu médiatique
• Ouvrir des négociations avec les opérateurs nationaux de services téléphoniques et Internet afin d’offrir une indemnisation pour des contenus numériques fournis à leurs clients sans accès aux droits d’exploitation, y compris les matières médiatiques. Les clients indemniseront les entrepreneurs pour leur abonnement afin de leur permettre d’accéder à divers services. Cette action contribuerait au développement, à la diversification et à l’enrichissement des contenus numériques nationaux.
• Modifier la Loi relative au droit d’auteur afin de souligner explicitement les droits d’un journaliste en tant qu’auteur des contenus protégés, notamment dans le domaine numérique.
4-6 Immunisation du secteur avec des chartes éthiques particulières
En plus de la Charte de déontologie professionnelle de la presse, on propose la protection du secteur médiatique par des chartes complémentaires qui donnent de la crédibilité au travail des journalistes. Ainsi, le Conseil propose :
• L’élaboration d’une charte éthique signé par les entreprises de presse papier et électronique ayant accordé l’interdiction du plagiat des matières entre elles, et la déclaration des sources lors de l’utilisation de matière d’information des tiers. Ce qui encourage ainsi les entreprises s’efforcer et se distinguer entre eux.
• Charte supplémentaire relative à la presse électronique, réglementant les aspects techniques et artistique qui la caractérise.
• Élaboration d’un document de référence sous la forme d’une charte éthique et d’un guide pratique pour les photographes, qui peuvent identifier et garantir leurs droits, définir leurs responsabilités envers la société et leur aider dans l’accomplissement de leurs missions conformément aux lois, procédures et chartes en vigueur.
4-7 Révision de la formation des ressources humaines
Les ressources humaines qualifiées sont essentielles pour améliorer la qualité et le revenu du produit médiatique. Il est donc nécessaire d’organiser et de légaliser le cadre dans lequel cette ressource humaine est créée et développée. Il s’agit de :
• Promouvoir la formation médiatique avec des programmes adéquats sur les aspects professionnels, juridiques et éthiques et l’industrie du contenu numérique, en mettant l’accent sur la formation multi expérimentée des journalistes et une autre formation spécialisée pour les journalistes travaillant dans le secteur afin de se spécialiser dans les domaines objectifs.
• Récupérer la dignité du journaliste professionnel en augmentant leur rémunération et en assurant leur statut social.
• Améliorer le niveau et la qualité du produit médiatique par la révision du système de formation médiatique dans notre pays afin de le mettre en conformité avec les normes internationales et le développement des besoins des institutions médiatiques nationales. Créer aussi de nouvelles spécialités au niveau du master spécialisé en éthique de la profession de la presse écrite, électronique et audiovisuelle ; ainsi qu’en gestion des entreprises médiatiques.
• Mise en place des procédures d’accréditation des institutions de formation en médias pour l’organisation du domaine et des modalités d’accès à la profession du journaliste professionnel, avec accréditation accordée aux établissements de formation médiatique par le ministère de l’Enseignement supérieur basée sur l’avis du Conseil National de la Presse.
• L’accréditation accordée aux établissements de formation en journalisme se limite au niveau de l’enseignement supérieur et n’est pas accordée aux établissements de formation professionnelle, sauf dans les domaines techniques liés aux professions du journalisme.
Le Conseil National de la Presse appelle à la mise en œuvre de ces mesures, dans les meilleurs délais, afin de conclure des contrats entre les différentes parties concernées, privées ou publiques, pour faire face à une crise profonde qui, s’il est exacerbé, menace d’affaiblir le rôle social et vital de la presse en tant que pilier du développement économique et social, ainsi qu’en tant qu’observateur qui met l’opinion publique au centre de l’événement et surveille les trois autres autorités, étant une base fondamentale de la structure démocratique de notre pays.
Les références
1 Des établissements ont fait faillite et des revenus ont cessé à cause de Corona. Un rapport d’Al Jazeera Net daté du 7 mai 2020 à l’adresse suivante : www.aljazeera.net.ebusiness
2 J-M CHARON, la presse écrite à l’épreuve de la pandémie, revue Alternatives économiques, 24 mars 2020, consultable in https://www.alternatives-economiques.fr/presse-ecrite-a-lepreuve-de-pandemie/00092248
3 Mind Media, Covid-19 : les conséquences sur le secteur des médias et de la publicité en ligne, jeudi 2avril 2020, consultable à : https://bit.ly/2BWtvQn – voir aussi RasmusKleis Nielsen, Quelles seront les conséquences de la pandémie de coronavirus sur le secteur de l’information ? L’Observatoire européen du journalisme (EJO), consultable sur :fr.ejo.ch/economie-medias/quelles-seront-consequences-pandemie-coronavirus-pour-secteur-de-linformation-crise-covid-presse
4 La presse oppressée, Libération, 17 juin 2020.
5 Etude réalisée par le bureau d’études LMS au profit de la Fédération Marocaine des éditeurs des journaux et le Ministère de la Culture, en 2015
6 Sapress indique qu’elle a reçu des éditeurs en 2019 un total de 64160000 copie dont elles sont vendues 26600000, à savoir 41،46 %
7 il faut rappeler que les données du bureau de vérification d’édition contiennent seulement les données des journaux adhérés dans l’office (16 quotidiens, 712 hebdomadaires, et 9 revues).
8 veuillez réviser le rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental sur « Promouvoir la lecture, urgence et nécessité » auto-saisine N° 40/2019
FMEJ/LMS-CSA, Etude sur les audiences et le profil des lecteurs, 20169
10 les vente des quotidiens représentent 90%, les hebdomadaires 8% et les revues 10%
11 Augmentation de 30% en mai 2015, de sorte qu’il passe de 3 à 4 dirhams pour la plupart des quotidiens
FMEJ/DUNAMIS, Benchmark des initiatives/mesures, livrable 2, juillet 2019, p.28
Medias 24, Préférence nationale. Il faut rendre le marché de la pub aux médias marocains, 15 juin 2020
Le modèle gratuit construit sur les revenus publicitaires constitue le modèle économique le plus utilisé par les journaux électroniques au Maroc. Ses revenus ont trois sources :
Coût par mille (CPM) : Une somme est collectée après la parution de l’annonce pour 1000 visiteurs.
Le coût par clic (CPC) : La récompense est déterminée par les personnes qui ont cliqué.
Coût par opération : Recouvrement d’un montant en fonction de l’chat, l’inscription ou remplir un formulaire
12 Décret du 29 mars 1965, bulletin officiel n° 2736 du 7 avril 1965, p. 12402
13 on s’est basé sur une grande partie des données de l’étude sectorielle effectuée par le bureau d’étude PASS au profit de la fédération marocaine des éditeurs de journaux, notamment les données relatives au secteur structuré qui inclue 61 entreprises d’édition ayant 75 piliers dont la presse papier représente 56% où l’arabe représente 45% et se distribuent entre 11 quotidiens, 11 hebdomadaires, 18 mensuels et semi mensuels
FMEJ/LMS, monographie sectorielle, rapport final, avril 2019.
14 Le modèle gratuit construit sur les revenus publicitaires constitue le modèle économique le plus utilisé par les journaux électroniques au Maroc. Ses revenus ont trois sources :
Coût par mille (CPM) : Une somme est collectée après la parution de l’annonce pour 1000 visiteurs.
Le coût par clic (CPC) : La récompense est déterminée par les personnes qui ont cliqué.
Coût par opération : Recouvrement d’un montant en fonction de l’chat, l’inscription ou remplir un formulaire
15 Décret du 29 mars 1965, bulletin officiel n° 2736 du 7 avril 1965, p. 15402
16 On s’est basé sur une grande partie des données de l’étude sectorielle effectuée par le bureau d’étude PASS au profit de la fédération marocaine des éditeurs de journaux, notamment les données relatives au secteur structuré qui inclue 61 entreprises d’édition ayant 75 piliers dont la presse papier représente 56% où l’arabe représente 45% et se distribuent entre 11 quotidiens, 11 hebdomadaires, 18 mensuels et semi mensuels
FMEJ/LMS, monographie sectorielle, rapport final, avril 2019.
17 Ministère de la Culture et de la Communication, liste complète de tous les journaux ayant bénéficié d’un soutien public en 2019
18 Une étude récente de l’Association marocaine des annonceurs en collaboration avec Open Way indique que 75% des marques ont gelé leurs campagnes publicitaires, dont 8% ont annoncé leur annulation. Voir le résumé publié dans le numéro quotidien de l’Economiste du 10 juin 2020, numéro 5779, et pour plus de détails, regardez la rencontre en ligne organisée par l’association à travers le lien https://bit.ly/2BT2nld.
19 Par exemple, pour le groupe Le Matin, la réduction a été annulé pour la catégorie de salaires inférieures à 4000 dirhams, tandis qu’elle a été fixée en 10% pour la catégorie de salaires de 4000 à 50000 dirhams, en 20% pour les salaires de 50000 à 7500 dirhams et en 30% aux catégories de salaires plus élevés.
Pour le groupe Eco Media, la réduction était de 20% était pour des catégories de salaires dépassant 8000 dirhams. Tandis que la direction du groupe Horizon Press a approuvé une réduction pouvant aller jusqu’à 50%.
20 Selon une étude récente de l’Association marocaine des annonceurs en collaboration avec Open Way, 75% des marques ont gelé leurs campagnes publicitaires, dont 8% ont annoncé leur annulation. Lisez le résumé publié dans le numéro quotidien de l’Economiste du 10 juin 2020, numéro 5779, et pour plus de détails, voir la rencontre en ligne organisée par l’association à travers le lien https://bit.ly/2W3bK8S.
21 Compte tenu de la suspension des impressions, l’Autorité marocaine des marchés des capitaux a recommandé aux entreprises contraignantes de publier leurs états financiers sur les plateformes de journaux numériques.
22 UACC, situation et relance du secteur – Covid-19, pour le conseil national de la presse, mardi 2 juin 2020.
23 Par exemple, l’imprimerie du groupe Le Matin qui enregistrait des résultats positifs grâce à l’impression de plusieurs titres de journaux, les dépliants des grands supermarchés se trouve maintenant en état de déficit était en raison de l’interruption de son activité et du maintien des charges fixes.
24 À cet égard, voir les déclarations et les publications d’un nombre d’éditeurs, de responsables professionnels et syndicalistes et le communiqué publié par la société de distribution Sapress-Sochepress et l’Association des propriétaires des kiosques.
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