Rabat, le 11-05-2022
En révisant les nouveautés des Conseils de la Presse dans le monde, nous allons voir cette fois, un nouveau dossier déposé au Conseil de la Presse du Québec, notamment dans ses archives récentes. Le Conseil National de la Presse met en évidence les questions et les nouveautés les plus importants dans le domaine du journalisme et de l’édition, sachant que le Conseil de Presse du Canada est l’un des plus indépendants en matière de sanctions éthiques, indépendamment des autres pouvoirs.
Les parties intervenantes dans le dossier
Cet article présente les détails d’un dossier dans lequel Amal Yedadin, Jasmine Chiban et Miriam Berouby ont déposé une plainte au Conseil du Québec au sujet d’une chronique intitulée « Bonne semaine pour l’islam », une chronique d’opinion appartenant au journaliste Jean-François Lysée, publié sur le site du « Le Devoir » le 16 janvier 2021.
Sur la base de ce titre, les plaignantes ont considéré qu’il était source de discrimination et de haine, surtout en ce qui concerne la religion. Le journaliste a commenté la nomination de » Boushra Manai » comme commissaire de Montréal pour la lutte contre le racisme, et » Omar Alghabra » comme ministre fédéral des Transports et de la journaliste » Ginella Massa » pour présenter l’émission « Affaires publiques » sur la chaine CBC.
Se référant à la nomination des trois personnes musulmanes à des postes importants, c’est une « bonne semaine » pour « les organisations qui promeuvent l’islam et leurs idées », et une semaine « moins bonne » pour ce qu’il décrit comme « musulmans non pratiquants » et « partisans de la laïcité. »
Les plaignants soulignent que la chronique de presse « a contribué à la création d’un climat de haine envers les membres musulmans de la société d’une manière malveillante, par le jeu dans la psyché collective », ainsi que le « titre provocateur qui a signalé que le simple fait que la nomination des membres de confession musulmane représente un danger et progrès pour l’Islam. »
Les textes traitant le principe d’éthique de l’opinion journalistique au Canada
Les journalistes d’opinion peuvent exprimer leurs opinions, commentaires, positions ou critiques, ayant un large choix de ton et de style, mais il ne faut pas oublier de mentionner les faits les plus pertinents sur lesquels leur opinion est fondée, surtout s’ils ne sont pas connus par le public.
Le journaliste d’opinion expose les faits les plus pertinents sur lesquels il fonde son opinion, à moins que ceux-ci ne soient déjà connus du public, et doit expliciter le raisonnement qui la justifie, tels que définis à l’article 10.2 du Guide de déontologie journalistique publié par le Conseil de presse du Québec.
Quant à l’utilisation de l’excitation dans les articles journalistiques, « Les journalistes et les médias d’information ne déforment pas la réalité, en exagérant ou en interprétant abusivement la portée réelle des faits et des événements qu’ils rapportent », selon (article 14.1 du Guide) ».
Quant aux titres, « ils doivent refléter le choix des éléments d’accompagnement, ou de couverture des informations, telles que les photographies, les vidéos, les illustrations, ainsi que les titres et les commentaires explicatifs, conformément à (article 14.3 du Guide) ».
Le choix et le traitement des éléments accompagnant ou habillant une information, tels que les photographies, vidéos, illustrations, manchettes, titres et légendes, doivent refléter l’information à laquelle ces éléments se rattachent.
L’analyse du Conseil de presse du Québec
La commission du Conseil aurait dû déterminer si le journal électronique « Le Devoir » utilisait des termes qui tendaient à être discriminatoires ou à inciter à la haine contre des individus ou des groupes, surtout dans le titre ; puisque les titres et les autres éléments décoratifs accompagnant l’article restent la responsabilité des médias chargés de l’édition.
Après avoir lu attentivement le dossier et cité les textes moraux pertinents, le Conseil de presse du Québec a estimé que les arguments présentés par la rédactrice en chef de « Le Devoir », « Marie-André Schuinar », dans sa réponse à la plainte, étaient raisonnables, soulignant que « Le titre n’est pas discriminatoire parce qu’il ne contient pas des expressions haineuses qui encouragent la violence ou alimentent le fanatisme ».
Le journaliste en question a également fait référence à « presque trois nominations simultanées à des postes importants de personnes appartenant à la foi islamique », inclus clairement, selon la source, dans les deux premiers paragraphes de sa chronique de journal.
Le jugement final
Le Conseil de presse canadien a refusé la plainte contre la chronique de presse « bonne semaine pour l’islam » et a abandonné les accusations de discrimination et d’incitation au fanatisme dans le titre, une décision prise conjointement par les membres de l’organe organisateur du Conseil, après s’être assurés que le journal en question n’exagérait pas ou n’interprétait pas mal le sens véritable des faits et des évènements écrits dans la chronique de presse et son titre.
Il est à noter que le Conseil de presse du Québec évalue le « principe de discrimination » sur la base des motifs discriminatoires établis par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, à savoir l’âge, l’état matrimonial, les convictions politiques, l’état civil, la grossesse, le handicap, le sexe, l’identité ou l’expression, la langue, l’orientation sexuelle, la race, la couleur, l’origine ethnique ou nationale et la religion. Dans le cas présent, les parties plaignantes ont ciblé l’islam comme motif discriminatoire.
Source : https://conseildepresse.qc.ca/decisions/d2021-01-01
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