Le Conseil national de la presse a organisé, le vendredi 3 mars 2023, une conférence nationale sous le thème de « La réalité et les perspectives de la formation médiatique au Maroc » au Centre d’Accueil et de Conférences du Ministère de l’Équipement et de l’Eau à Rabat, en présence d’experts et d’universitaires.

Dans ce contexte, M. Younes Mjahed, président du Conseil National de la Presse, a souligné que cette conférence avait pour objectif de discuter des problématiques de la presse et des médias, en particulier de la formation continue. « Au sein du Conseil, grâce à notre expérience professionnelle, nous avons identifié ces défis dans notre vie quotidienne et à travers le travail des comités, ce qui nous a permis de les résumer comme suit » :
Nous sommes confrontés à un secteur composé d’acteurs du secteur privé et public, mais il n’y a pas d’harmonie en ce qui concerne les diplômes, les formes et les contenus de la formation.
Nous sommes devant une société en pleine évolution, qui fait face à la révolution numérique, ainsi qu’aux développements politiques, culturels, juridiques et éducatifs, ce qui rend les exigences plus importantes.
M. Mjahed a conclu que face à cette révolution numérique et » comme nous le savons, il y a le journalisme citoyen « , expliquant la nécessité de faire la différence entre journaliste citoyen et journaliste professionnel, et pour atteindre ce professionnalisme, il faut améliorer les capacités dans le domaine de la formation et du journalisme.

Pour sa part, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mehdi Bensaid, a souligné que le sujet de la formation dans le domaine de la presse et des médias nécessitait une réflexion approfondie afin de proposer une nouvelle vision pour suivre le rythme des évolutions dans le secteur.
Le ministre a abordé la question du professionnalisme dans le domaine du journalisme : « Quand on dit que la presse est un service public, elle est équivalente au reste des services fournis au citoyen, et donc ceux qui la fournissent ont besoin d’une formation scientifique et académique en plus de l’expérience acquise au fil des années de travail ».
Le ministre a également abordé plusieurs problèmes concernant la presse au Maroc, notamment la situation des journalistes qui exercent la profession depuis des années sans diplôme, voire comment régulariser leur situation et reconnaître ce qu’ils ont apporté à la profession par le biais d’un cours de formation spécial pour eux, ainsi que la mise à jour et la révision de la loi sur la presse pour renforcer la profession, le développement de la stratégie de formation continue et appliquée, la promulgation d’une nouvelle stratégie de soutien et la promotion de projets médiatiques dirigés vers l’étranger pour accompagner le Maroc et le faire connaitre, ainsi que plaider et défendre ses causes au niveau régional et international face aux défis majeurs auxquels il est confronté.

Pour sa part, M. Abdelmounaïm Dilami, membre du Comité de formation, d’études et de coopération, a souligné que le journalisme n’est pas seulement une profession ou un travail que nous faisons, mais que nous contribuons d’une manière ou d’une autre à la formation de l’opinion publique.
Il a ajouté : « Ce qui nous rend heureux, c’est que l’État est conscient depuis des années sur l’importance de cette profession et du rôle joué par le journaliste. Les médias marocains ont également contribué de manière significative ces dernières années à la cohésion sociale que nous vivons aujourd’hui ».

M. Dilami a souligné qu’il existe un grand besoin d’information et si nous ne la fournissons pas au destinataire selon des normes de qualité et de crédibilité, il sera contraint de la rechercher auprès d’autres sources. Il a ajouté que la profession journalistique ne consiste pas à maîtriser uniquement les aspects techniques, mais exige des connaissances et une culture générale, en politique, en économie… ainsi que des connaissances qui répondent aux besoins du destinataire.

M. Dilami a également abordé un autre aspect qui doit être pris en compte, à savoir l’évolution et les changements que connaît le domaine du journalisme et la société, ainsi que la manière de s’adapter à cette évolution dans le domaine de la formation, afin de permettre aux journalistes futurs de faire face à cela.
Selon son intervention, les véritables défis résident dans l’adéquation de cette évolution à la formation continue des journalistes, pour la suivre en premier lieu et répondre aux besoins du public en deuxième lieu. En ce qui concerne la propagation des fausses nouvelles, il a insisté sur la nécessité de réfléchir à des solutions radicales à travers la formation, la sensibilisation sur ce que nous faisons, à nos aspirations et les attentes du public.

Il convient de noter que ce colloque a été divisé en quatre sessions de base, la première portant sur la nature et les particularités de la formation en médias dans les établissements d’enseignement supérieur, la seconde sur les offres de formation professionnelle et leur position entre le professionnel et le technique, et la troisième sur les besoins du secteur en terme des ressources humaines dans les médias, compte tenu des défis futurs imposés par les transformations technologiques rapides, y compris l’intelligence artificielle. La quatrième session a été consacrée à la présentation des résultats et des recommandations de ce colloque.
Rabat, le 03-03-2023
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